Prender el alma

Comment commencer un article d’après voyage qui raconte un autre voyage mais bien plus court quoique presque autant intense ? Et bien par le commencement.

J’avais pris quelques jours de vacances (oui il m’en restait encore ;)) pour aller valider le saint graal : le PVT Canada. Un aller retour et le tour était joué je n’avais plus qu’à préparer mon prochain grand départ pendant l’été. Et puis je me suis dit, après de nombreuses sollicitations, que ça serait l’occasion de faire un petit (grand) détour par le Nicaragua pour rendre visite à Bertrand. Ceci serait une sorte de challenge pour moi sur de nombreux points à la fois très personnels et aussi au niveau de l’aspect voyage. Rendre visite à quelqu’un qui fait un voyage de longue durée c’est cool mais ça te renvoie au fait que toi aussi tu as vécu ça et on le sait tous vivre le voyage et partir en vacances voir quelqu’un ou entre amis ce n’est absolument pas la même chose. Bref ce n’était pas le moment de faire ma peureuse j’ai pris mon cœur, mes tripes et mon passeport, ma lettre d’introduction et fait mon premier arrêt à Montréal.
À Paris déjà on te demande si tu as bien tous tes papiers pour valider ton PVT. 1er stress. Je me demande comment se passera l’arrivée à l’immigration canadienne. Et bien c’était bien stressant au point d’en avoir la tête qui tourne devant l’agent d’immigration qui prononce ton nom à une collègue qui part dans autre bureau pendant 5 longues minutes. Et là tu te dis putain elle va voir qu’un jour à la kermesse de mon école primaire j’ai volé un porte clé à la pêche à la ligne lorsque j’avais 7 ans. Elle va jamais me laisser rentrer. Ouf elle revient avec le visa sur feuille A4 qu’elle agrafe au passeport. Pas pratique mais on s’en fout je suis soulagée.
Direction l’appartement d’Enzo, l’ami d’Ugo, un ami de Bertrand qui a accepté de m’héberger pour la nuit. L’accueil par ces 3 colocs montréalais se passe à merveille. Guillaume l’un des colocs me prête sa chambre pour ne pas me faire dormir sur le canapé. Ugo et sa copine Gabrielle nous rejoignent tôt dans l’après midi et c’est un plaisir de les rencontrer et de discuter avec eux et leur accent canadien dont parfois tu ne comprends rien. Ici les gens commencent à travailler tôt vers 6-7h du matin et commencent donc le vrai gros apéro à 17h. Celui où tu bois des shooters par exemple. Le lendemain j’en profite pour visiter les quartiers environnants et me dit que j’ai fait le bon choix en venant ici même si le timing est plus que serré.

IMG_6419

Le jour qui suit, arrivée au Nicaragua je retrouve Bertrand dans la ville de Granada, ville coloniale avec le charme nécessaire pour s’attarder 1 jour ou 2. Il fait très très chaud ici et je bien contente de me débarrasser de toutes les choses que j’avais emporté à sa demande. Je mange le matin mon premier gallo Pinto (mélange de riz et haricots rouges) avec bananes plantains.
Nous partons ensuite vers Popoyo pour une semaine surf et arrivons à destination après 2 bus, une traversée glissade (il fallait bien que je tombe un petit peu) dans les marais de las salinas et une traversée de rivière.

Le reste du groupe rencontré par Bertrand lors de son arrivée sur les lieux il y a une semaine est déjà là et une soirée nous attend. Tous les matins c’est levé 5h pour checker les vagues, puis thé, petit déjeuner, maté, baignade et/ou surf, pollo jalapeños, sieste, surf, « douches », parties de volley ball, apéros, repas tous ensemble et ainsi de suite. Plutôt cool en somme. Bien plus cool pour ceux qui y sont à long terme. Je pense beaucoup à tout ceux que j’ai rencontré lors de mon voyage, à Raglan surtout en comparaison ambiance surf, aux partages.
Je tente ma première sortie bodyboard qui fût un échec total rien à voir avec les vagues de Charente maritime. Ici c’est bien plus fort, bien plus haut. Je ressors de là avec le genoux et le bas du dos bien amochés, vexée de ne pas y arriver. Je retente le lendemain seule et arrive à aller au large. Je me fais ramener par les vagues un peu plus satisfaite d’avoir au moins réussi ça. Je fais de longues balades sur la plage afin de réfléchir au déroulement de cette semaine et suite à d’autres rebondissements décide finalement de partir seule sur l’île d’ometepee située sur le 2eme plus grand lac d’Amérique du Sud. Il fait dire qu’il était temps de faire les bons choix pour soi même donc même si les aurevoirs sont spéciaux ils sont nécessaires. Les voyages nous ont changés et nous changent encore et il faut continuer d’avancer uniquement pour soi et son bien être.

Me voici donc sur l’île d’ometepee un peu désemparée mais soulagée de me retrouver. Je me pose dans une auberge spécialisée dans la permaculture, le yoga, le bio en pleine forêt sur les conseils de Mélanie. Ici on fabrique son « Nutella » et son peanut butter. Tout ce qui est dans ton assiette est cultivé/fabriqué sur  place. C’est une vraie communauté qui s’y est instauré et certains y vivent depuis des mois. Je  dors quasi dehors avec juste un toit pour nous protéger de la pluie. Le soir je m’endors en regardant les lucioles passer devant moi. Le matin ce sont les cris des animaux et la lumière du jour qui me réveillent. Je souris et reprends goût pour faire quelques activités et partager avec d’autres personnes. Rafael me sollicite pour aider à la pizza night. J’ai juste à servir des pizzas aux résidents de l’auberge et en échange j’ai mourriture et boissons à volonté. C’est vraiment cool. Seul bémol : étant en forêt je peux vous dire que chaque chemin emprunté à l’aide de la lampe frontale est une torture pour moi. J’ai bien trop peur de croiser un serpent. Mais j’ai survécu trois jours sans en voir, une victoire donc. Je peux donc presque me moquer de la fille qui a crié en pleine nuit en trouvant une araignée dans son lit et du mec au dessus de mon lit qui inspecte le sien tous les soirs pendant un bon quart d’heure. Le deuxième jour, je décide d’aller voir les ojos de agua en marchant. 14 km aller retour même pas peur. Au bout de 5km je suis obligée de rebrousser chemin un orage ayant décidé de contrarier mes plans. Apres donc un total de 10km je reviens trempée à l’auberge en dépit des différents abris de fortune trouvés en court de route. Je tombe sur un flyer mentionnant que le Nicaragua est un pays sécuritaire mais qu’il est déconseillé aux femmes de sortir la nuit seule. Bon c’est pas dans mon habitude mais c’est le genre d’avertissement qui me révolte car tu n’es finalement jamais totalement libre.

IMG_6799.JPG

Apres 3 jours sur l’île d’ometepee je retrouve Bertrand à las Rivas afin de partager un jus de fruit. Je repars ensuite en direction de Leon ville rivale de Granada. Je prends un bus jusqu’à Managua bondé mais qu’importe au Nicaragua ils font monter les gens dans le bus même s’il n’y a plus de place. Je voyage donc assise sur le tableau de bord du conducteur. Assez surréaliste mais plutôt drôle je dois dire même si à chaque freinage brusque je voyais ma tête traverser le pare brise. Je me dis que c’est exactement ce qu’il me manque en France ce côté insolite des choses, du quotidien. J’arrive à Managua en fin d’après-midi et attend mon second bus vers Leon. Je rencontre Albert et son ami tous deux avocats et ayant beaucoup voyagé qui me proposent de les suivre à las penitas. Je refuse poliment. À l’avant je fais la connaissance d’Alvarez un Nicaraguain avec qui je discute également voyage. Il me met en garde sur ma sécurité. La nuit commence à tomber je repense à l’avertissement pour les femmes seules. Si j’avais su je n’aurais pas attendu aussi longtemps à Rivas ça m’énerve. À l’arrivée je me fais alpaguer par 2 hommes qui me suivent et me collent un peu trop. Ils tentent de prendre mon sac où je range les documents les plus importants genre passeport, argent etc… Alvarez qui avait vu la scène m’attrape par le bras et me met dans un taxi. Il monte avec moi et me dit qu’il m’accompagnera dans mon auberge jusqu’à ce que je sois en sécurité pendant que les autres essayent d’ouvrir les portes du taxi. C’est un peu, beaucoup, mon sauveur. Ma bonne étoile en quelque sorte.

Épuisée par tout ça je m’endors très vite oubliant que je n’avais pas mangé depuis le matin. Heureusement c’est petit dej pancakes banane gratuit à l’auberge. Ça me requinquera très vite.
Je visite la ville de Léon mais l’atmosphère est un peu oppressante. Mon physique européen attire les regards, les sifflements et les mains baladeuses. Ça c’est franchement pas cool à vivre je pars m’isoler quelques heures dans une panaderia pour souffler un coup.
Je n’avais pas vécu cela à ce point en Amérique du Sud donc je réfléchis à comment affronter la situation. Je ne veux pas m’empêcher de faire des choses donc je garde la tête haute et le seul deal que je fais avec moi même sera de rentrer avant la tombée de la nuit. Un homme m’interpelle dans la rue je ne lui réponds pas. Il s’énerve, ramasse une bouteille de bière vide et l’explose contre un poteau. Ok je rentre. Par chance j’étais presque arrivée. Vraiment, vraiment pas cool.
Je ressors faire quelques courses pour le soir et esquive les interpellations.

Le Nicaragua est définitivement un challenge que j’avais je dois dire un peu sous estimé. Celui où tu te mets à mal, où tu affrontes plusieurs peurs mais où tu t’affirmes car tu as compris qui tu étais vraiment, ce que tu valais. Le challenge où tu te respectes, tu prends soin de toi et où tu es la numéro 1 dans ton cœur, dans tes tripes. Avoir un esprit sain dans un corps sain c’est la base. Avoir un esprit en phase avec soi même et authentique dans un corps sain et en apprentissage d’affirmation c’est encore mieux. Finalement ce voyage que je pensais être trop court pour être impactant a été un réel bénéfice. Qu’importe les épreuves positives ou négatives on apprend chaque jour à se découvrir. Il suffit d’ouvrir les yeux, d’ouvrir les barrières pour laisser entrer la vérité en chacun de nous et voir là où se trouve le véritable, l’authentique amour. A l’intérieur de nous-mêmes puissant comme un shore break 😉

« Le seul, le vrai, l’unique voyage c’est de changer de regard »


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s