The best is yet to come

Et voilà, déjà un mois sur les terres canadiennes. Le temps a filé à toute vitesse.

Je dois dire que les semaines voire mois avant le départ n’ont pas été des plus simples. J’étais rentrée en France pour profiter des mes proches, quitter mon travail comme il se devait à mon sens mais ça ne s’est pas passé comme je l’avais imaginé. J’ai très mal vécu ce retour, devoir se réadapter à une vie qui n’était foncièrement pas pour moi et que j’allais quitter à nouveau, recréer des liens qui allaient encore se défaire, s’intensifier ou s’éteindre par le poids de la distance… Se replonger dans un travail et des projets que j’allais laisser et devoir s’expliquer voire se justifier de pourquoi ce nouveau départ. Beaucoup ne comprenaient pas et me blâmaient encore de fuir ou vivre dans un rêve. D’autres m’encourageaient. Ce fût mon vrai regret des dernières décisions que j’avais prises : rentrer. A cela s’ajoute la culpabilité : pourquoi être triste alors que j’ai la chance de repartir ? Se sentir ingrate de ne pas s’épanouir dans un pays qui a pourtant tout pour te rendre heureuse. Toutes ces émotions m’ont littéralement étouffée aussi bien mentalement que physiquement. Cela s’est joué de moi, je suis tombée malade l’avant dernier mois en France, clouée au lit avec une Pneumonie. L’air me manquait mais il m’était impossible de l’autoriser à oxygéner ce mal-être.

Et puis le départ est arrivé finalement plus vite que je ne l’aurais pensé. La toux disparaissait à mesure que celui-ci se rapprochait. Si l’on doute encore que le psychisme joue sur la santé je pense être un bon cas d’école. La tristesse des au revoir était toujours bien présente mais je ne réalisais pas que cette fois-ci je partais pour un petit moment. 2 années minimum de liberté s’offraient à moi. Les adieux furent assez pesants car continuels sur les deux dernières semaines. Tout le monde allait réellement me manquer mais l’évidence était que j’étais faite pour être loin d’ici, loin de ce chez moi qui m’était étranger. J’avais toujours envie de voyager. C’était viscéral.

Il y donc un mois je débarquais sur la côte Est du Canada : Montréal. L’idée étant de vivre 1 an sur la côte est et 1 an sur la côte ouest. Enfin impossible de prévoir ce qu’il se passera c’est là tout l’intérêt de ce nouveau voyage. D’emblée je me mis une sorte de pression pour boucler les papiers administratifs et ma recherche de logement et d’emploi. Le 28 septembre, lendemain de mon arrivée, j’avais fait les démarches pour mon NAS (Numéro assuré social), mon compte en banque, mon numéro de téléphone canadien, et je trouvai une colocation ! J’étais sur les starting block.

J’allais donc vivre dans le quartier du Plateau avec 4 autres français à savoir Manu, Florent, Richard et Laetitia. Les offres de colocation avec québecois étant plutôt rares j’avais donc fini par choisir celle-ci au feeling et il a été plutôt bon pour le moment. Nous nous entendons bien et organisons pas mal d’activités ensemble. 10 jours après j’étais déjà partie en week-end à New York avec notre team et réalisais donc un autre rêve. New York étant la ville que je voulais voir en priorité lorsque j’avais pas plus de 10 ans. Autant vous dire que ça donne le tournis. Manu, l’un de mes colocs ayant habité là-bas quelques années avait optimisé notre visite de manière à profiter autant de la vie New-Yorkaise que des sites touristiques. Pour une première fois je dois dire que c’était parfait. Mais assez parlé de NYC. Parlons du Canada et de Montréal car je pense que vous attendez ici mes premières impressions sur cette nouvelle vie.

Quelques photos de NYC…

Montréal est un mini, mini, mini New York avec des buildings, des boutiques et des coffee shop à foison. Montréal c’est aussi des parcs, des couleurs, des arbres rouges, oranges et jaunes et une colline dite « la montagne » à savoir le Mont Royal de là où l’on peut admirer la citadine. Montréal c’est une population qui a le sourire, te tutoie, dit « allo » pour bonjour. Montréal est une ville qui transpire la sérénité, la chill attitude. Ici il faut aussi s’habituer à ne jamais payer le prix affiché (toujours penser à rajouter les taxes et pourboires obligatoires 15% au minimun) Astuce : si tu additionnes tes taxes tu as les 15% que tu dois rajouter au prix total. Il faut traverser sur les passages piétons quand le petit bonhomme blanc te l’autorises sinon tu te prends un ticket (expression d’ici), soit 150 dollars d’amende. Une fois que tu sais le montant de l’amende tu ne fais pas la maligne et tu respectes le code. Tu fais également la queue pour monter dans le bus, c’est le premier arrivé qui monte dans le bus. Idem pour le métro tu attends ton tour pour monter et laisse descendre les gens avant. Oui je vis dans une ville civilisée, agréable non ? Une ville cosmopolite où l’anglais, le français et l’espagnol se côtoient dans la rue. Il n’est d’ailleurs plus question de regarder des films et séries en français ce qui aide à bien progresser. Ne pensez pas d’ailleurs que dans votre recherche d’emploi on se contentera de votre niveau de français. D’abord celui-ci est vérifié par le biais d’une rédaction par exemple (expérience déjà vécue) et on vous demandera de switcher en anglais lors des entretiens la plupart du temps (expérience douloureusement vécue bis). Donc toi qui compte peut-être venir vivre ici, bosse ton anglais !

Voilà ces dernières lignes sous-entendent que je suis dans mes démarches de recherche d’emploi. Les recommandations, les soirées de réseautage et la positive attitude commencent à payer et les entretiens s’enchaînent. C’est d’ailleurs assez perturbant de replonger dans ce système ce qui me laisse parfois perplexe sur ce dont je veux réellement. Disons que ce n’est pas ce vers quoi je me dirige à court terme mais que cela va me servir à long terme. Cela peut vous paraître nébuleux mais je vous l’expliquerai plus tard 😉

Quelques photos de Montréal

 

Niveau temps, nous avons eu beaucoup de chance car les journées étaient encore relativement chaudes mais les températures commencent à bien baisser et de la neige est potentiellement prévue la semaine prochaine. Ici on parle de l’hiver comme celui de Game of Thrones « Winter is coming » en mode « achètes un manteau qui va jusqu’à -40 », tu ne verras plus la couleur des trottoirs pendant 6 mois mais tu vas voir on va bien s’amuser…Cela m’intrigue plus qu’autre chose pour le moment. Ah et j’ai commencé un cours de yoga bikram en mode stage d’initiation pendant 10 jours où tu fais 26 postures pendant 90 minutes dans une salle chauffée à…40 degrés ! C’est très physique, les premières séances j’ai eu la tête qui tournait mais ça reste de loin mon cours de yoga préféré. Il se pourrait donc que je commence à apprécier réellement cette activité.

Voilà ce premier mois est passé vraiment très vite et il est difficile de tout vous raconter en détail. Merci à tous pour les dernières semaines passées en France et merci pour vos attentions, collègues, amis et famille. Ce voyage est très différent du premier car j’ai la sensation d’avoir vraiment vécue une première étape qui m’a transformée dans ma manière de voir les choses, qui m’a aussi affirmée parfois même après celui-ci dans d’autres circonstances. Cette deuxième étape est une mise en application des fondamentaux acquis l’année dernière. Alors parfois on vacille un peu et on doute mais on oublie pas pourquoi on est là. Parce que c’est le chemin que l’on choisit et qui nous correspond, parce qu’il faut croire en soi et en ses rêves. Parce que pour moi ce voyage est une opportunité de vivre une vie d’expatriée, de découvrir une nouvelle culture, et de continuer à m’épanouir dans cette quête de l’ailleurs qui me fera éternellement vibrer. J’y trouve une certaine stabilité qui me correspond.

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins. Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité.

Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue »

(Mythe Mélanésien de l’île de Vanuatu)

 

 


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