The light into the wild side

Ce matin, j’ai lu une phrase intéressante sur un blog de voyage « Celui que j’étais m’amène à ce que je suis en train de devenir ». Phrase qui, je l’admets amène à beaucoup de réflexion et qui reflète complètement mes pensées de ces dernières semaines.

Mais avant ça je vous avais laissé sur l’épisode recherche d’emploi « Previously on… ». Reprenons donc. Avant mon départ j’avais entendu toutes sortes de rumeurs à ce sujet. A noter qu’entendre des légendes sur son pays de destination, fondées ou relevant du fantasme collectif est presque un passage obligé pour tout voyageur. Allez en voici quelques-unes pour le « plaisir » vérifiées ou pas encore :

  • tu vas avoir froid
  • tu vas grossir
  • tu vas trouver du travail rapidement
  • c’est faux, machin qui habite là-bas, galère tu ne vas pas trouver. Certains abandonnent et rentrent.
  • pas besoin d’être bilingue, ils recherchent que des français
  • tu n’auras que 2 semaines de vacances
  • l’hiver dure 6 mois tu vas déprimer
  • ….

Il y a certainement du vrai dans tout ça mais encore une fois c’est uniquement notre expérience et notre propre vision des choses qui doit prédominer sur les « on-dit ». Du coup niveau boulot j’étais un peu perdue entre le « tu vas trouver rapidement surtout dans le web » et « tu vas galérer ». J’avais envoyé beaucoup de candidatures durant le mois d’octobre et ma patience légendaire s’agrandissait à mesure que ma confiance diminuait. Finalement 3 semaines après, tout se décantait et les entretiens, dans un premier temps téléphoniques, se faisaient de plus en en plus nombreux. A ma presque, grande surprise, je découvris que non parler français ne suffisait pas. A vrai dire bien que cela me stressait, je me répétais que cela serait un bon moyen de progresser encore et de me challenger, ce qui n’était pas pour me déplaire. C’est comme ça que je me retrouvai à passer des entretiens français-anglais. J’étais toujours honnête avec mes interlocuteurs en leur disant d’emblée que je ne me considérais pas comme bilingue mais mon niveau les satisfaisait. Petite victoire intérieure. La jauge de confiance remontait un petit peu.

Les entretiens ici sont assez laborieux. Généralement on vérifie votre motivation au préalable par téléphone, puis on vous fait venir pour vous poser une multitude de questions, on vous fait passer des tests (rédaction, création de publications pour les réseaux sociaux, mise en page HTML d’une newsletter…) et on appelle vos références en France. Et oui, tout ça !  Sachez qu’ici on trouvera souvent votre profil intéressant, mais ne tenez jamais ça pour acquis. J’ai finalement eu le choix entre deux emplois. L’un dans une agence plutôt fun d’apparence au boulot très similaire à mon emploi précédent mais au salaire pas avantageux par rapport aux heures de travail demandées et l’autre d’apparence moins alléchante, mieux payé, mieux situé, dans des locaux moins sympas en haut d’une tour au 10eme étage, mais pour une bonne cause : les malades atteints de sclérose en plaque. J’ai choisis la 2ème option histoire de savoir ce que ça faisait de rentrer chez soi le soir avec la sensation d’avoir fait quelque chose d’utile. Je ne sais absolument pas ce que ça donnera sur le long terme (disons 1 an) mais les premières semaines se sont plutôt bien passées.

Me voici donc intégrée dans une petite équipe de communication (environ 10) dans un bureau d’environ 30 personnes. L’accueil a été plus que sympa et je goûte enfin la méthode de travail dite anglo-saxonne là où la directrice et ta chef t’accueillent en te disant « c’est trop le fun » que tu sois là ; tu gères ton temps de présence comme tu le souhaites avec des horaires vraiment cool du genre : arrivée à 8h, départ 16h donc tu as une vie avec le boulot…Interdiction de travailler plus si ce n’est pas justifié et approuvé par ta supérieure et si je vous dis que mes conditions de travail font parties des moins sympas comparé à mes colocs je pense que vous allez réellement détester les vôtres. Florent par exemple a une rampe de skateboard dans ses bureaux, une salle dite créative où tu dessines sur les murs, et apéro organisés tous les vendredis après-midi. Ah oui et pour son parté de Noël (oui on ne dit pas fête, ni party mais parté ici) il est parti 3 jours à Cancun…Ici sachez que beaucoup d’entreprises organisent des 5 à 7, entendez sorties récréatives entre collègues dans des lieux sympas de Montréal. J’oublias le point positif le plus important : je travaille avec une majorité de québecois ce qui est un réel plaisir pour l’enrichissement personnel et l’apprentissage de toutes leurs expressions ;). Et il y en a énormément si bien que parfois il m’arrive de ne rien comprendre ce qui a le don de faire rire ma chef autant que moi je ris intérieurement quand je l’entends dire « tabarnak, crisse sté pas possible ». Au bout d’un mois de travail il m’arrive maintenant de prononcer quelques expressions du style « dans le fond » ou « pour vrai »…imaginez dans quelques mois…

Autre côté sympa de cette expérience c’est qu’en plus d’apprendre le québecois je pratique mon anglais au quotidien. J’ai beaucoup d’échanges avec le bureau de Toronto ce qui me permet d’apprendre beaucoup de vocabulaire relatif à mon métier. Une vraie chance comme celle que j’ai eu de m’y rendre une journée. Je dois dire que ce déplacement m’a procuré une vraie bouffée d’oxygène dans le sens où je me suis sentie beaucoup plus à l’étranger du fait de me déplacer dans la partie anglophone du Canada.

Ce qui m’a amenée à beaucoup de questionnements sur le fait d’être en besoin perpétuel de découvrir des choses, d’être challengée, d’être en mouvement. Le fait d’avoir eu l’opportunité d’avoir fait un voyage de 6 mois à travers plusieurs pays et continents l’an passé m’a laissé dans une dynamique d’apprentissage et de curiosité. Je deviens avide de découvertes. Alors je me dis que ce voyage doit être une autre vision, une autre expérience plus en profondeur, d’ancrage dans le mouvement aussi antithétique soit-il. Mais est-ce que cela suffira quand on a goûté à l’inédit ? Je me demande si tout voyageur ayant allumé cette brèche à l’intérieur de soi ne ressent pas ce feu inextinguible qui brûle, qui brûle d’impatience de vivre d’autres aventures. Je me demande si l’on peut s’aliéner de celui-ci parce qu’au final nous recherchons tous cette liberté mais sommes devenus totalement dépendants de cette brèche que nous avons créé.

Je me demande ce qu’il se passera dans un mois. Si je résisterais au froid. Les températures baissent et à l’heure où j’écris il fait -10 degrés et les flocons se déversent sur les rues Montréalaises. Je me demande si l’océan qui me manque chaque jour ne deviendras pas une obsession dans 6 mois. Je me demande si dans deux ans je n’aurais pas plutôt envie de vivre dans un nouvel endroit…

Et puis il y a eu cette phrase : « Celui que j’étais m’amène à ce que je suis en train de devenir » Celle qui m’a permis d’accepter mes questionnements car au final ce que nous vivons sert à ce que nous vivrons demain. Qu’importe le rythme du voyage, qu’importe l’ampleur de la découverte, tout est synonyme d’enrichissement et nous sert pour ce qui s’en suit. Le mouvement n’est pas le même mais la flamme demeure et continue de nous éclairer sur le chemin du voyage.


8 réflexions sur “The light into the wild side

  1. Coucou petite sœur
    C est un sérieux clin d œil a beaucoup de réflexion cette phrase !!!
    Merci pour ce partage
    Ta plume (ou clavier) est un ravissement
    Les on dit lorsque ils sont fait de certitudes empreintes de méconnaissance ça s appèlerait pas de la peur ça ou des jugements bref vive les nuages dans le ciel qui glissent ils nous Orientent sur la conduite à tenir 😉
    Des bisous pleins de chaleurs que nous n avons pas non plus ici mais. A se crée avec le cœur hihi !!!

    Aimé par 1 personne

  2. Je rattrape mon retard de lecture. Quel plaisir d’avoir des nouvelles « fraîches » 😉
    Je te souhaite une belle et heureuse année, et puis ce n’est pas parce que tu as désormais un travail que tu ne pourras pas profiter de quelques jours de vacances ailleurs…
    Des becs

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s